[17/09] Haren : Refusons la prison ! Soutenons la lutte !

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Peut-être vous souvenez-vous – ce n’est pas si lointain, août 2014 – le Nova, dans le cadre de son festival PleinOPENair, plantait son écran à Haren, à proximité d’un terrain de 18 ha destiné à accueillir le plus grand complexe pénitentiaire du pays. Au lendemain de notre passage, les tentes de militants d’ici et d’ailleurs commencèrent à se multiplier sur ce terrain sous pression carcérale. C’est ainsi que naquit la première ZAD (zone à défendre) de Belgique.

Quelques mois plus tard, associations environnementales et des droits de l’homme, criminologues, magistrats et fervents défenseurs des terres agricoles se regroupaient pour former la plate-forme contre le désastre carcéral, et la terre disputée se couvrait de champ de patates. Dans le même temps, le projet de prison connaissait quelques avancées – dont la délivrance du permis d’environnement

En septembre 2015, les forces de l’ordre expulsaient les occupants de la ZAD, portant un coup certain à la vitalité de la lutte. Mais celle-ci reprit de plus belle en démultipliant les actions, balades, rencontres festives et autres moments de débats sur la question carcérale et les alternatives.

Cette soirée est un coup de pouce à cette lutte de longue haleine. Tous les bénéfices iront directement au soutien des frais engendrés par celle-ci.
N’hésitez donc pas aussi à user et abuser de notre bar, le temps de cette soirée organisée en collaboration avec Bruxelles Laïque !
Au cinéma Nova
rue d’Arenberg 3, 1000 Bruxelles

10€ / 7,5€ (pour la soirée complète)

http://www.nova-cinema.org

PROGRAMME :

17h. FILM : L’intérêt général et moi
de Sophie Metrich & Julien Milanesi, 2015, FR, 82’, VO.

Il en est du projet de méga-prison comme il en est d’autres grands projets portés à bout de bras par les pouvoirs publics. Pour tous ceux-ci, la société civile a du mal à discerner l’intérêt général rencontré par ces infrastructures hors norme, au coût démesuré. On pense bien sûr à des projets très connus, tels l’aéroport de Notre Dame des Landes ou le barrage du Sivens, mais d’autres sont moins connus, tels le projet d’autoroute A65 Langon-Pau ou le projet ferroviaire LGV du Sud Ouest, qui questionnent l’usage d’utilité publique et démocratique des territoires. Qu’est-ce que l’intérêt général ? Qui le définit ? Sur quels fondements ? Habiter un territoire donne-t-il des droits sur son devenir ? A travers trois projets concrets, le documentaire creuse la (non)légitimité de leur conception et donne corps aux témoignages de ceux touchés dans leur quotidien par ces méga-structures.
La projection sera suivie d’une discussion avec le comité de Haren, des (anciens) occupants de la ZAD et des membres de la plate-forme contre le désastre carcéral.

19h. TABLE D’HÔTE

20h. FILM : Le Déménagement
de Catherine Richard, 2011, FR, 54’, VO.

Le déplacement des prisons, depuis le cœur de la ville vers la périphérie, relève d’un vaste mouvement qui n’est pas sans poser question sur le quotidien des détenus. Dans ce documentaire, ces derniers évoquent face caméra leurs conditions de vie, leurs attentes et leurs angoisses, avant et après le déménagement de la prison de Rennes (400 places), vers un nouveau Centre Pénitentiaire de 690 places construit en périphérie. A Rennes, l’établissement est surpeuplé et vétuste mais implanté au cœur de la ville, les détenus voient depuis leurs fenêtres “des habitations, les gens qui partent au travail” … A Vezin, situé en périphérie, les détenus ont la possibilité d’être seuls, bénéficient de douches en cellule, ont accès à des unités de vie familiale. Mais de leurs fenêtres, ils aperçoivent désormais “du béton, des grillages”. Et se plaignent d’une atomisation des relations sociales…
La projection sera suivie d’une discussion avec Catherine Rechard (la réalisatrice du film), Luk Vervaet (ancien enseignant à la prison de Saint-Gilles) et David Scheer (chercheur à l’ULB auteur de la thèse sur l’impact de l’architecture carcéral).

22h. CONCERT : Glü
Pour prolonger la soirée en musique nous avons fait appel à nos amis du groupe bruxellois Glü. Ils nous avaient déjà rendu visite en 2014 lors du PleinOPENair à Haren, pour partager avec nous leurs pulsations transes et drum’n’bass contre le projet de prison. Glü offre toujours une ouverture, un arc-en-ciel dans la noirceur de son ciel musical. Laissons-nous emporter par le gig pour percer la noirceur du monde carcéral !

Tomorrow/Demain/Morgen: Masse Critique contre le Maxi Prison (Brussels)

Ni Barreaux, Ni Beton; NON a la maxi prison! Masse Critique Vendredi 27 Mai 18h porte de Naumur (Bxl)

Enfourchez votre bicyclette pour une balade manifestive et informative contre le projet vivement contesté de maxi-prison à Haren. Le parcours depuis le centre de Bruxelles jusqu’à Haren sera ponctué de quelques étapes qui nous offriront l’occasion de s’informer sur différents aspects de ce projet pharaonique, de la lutte menée contre celui-ci et du système carcéral en général. La Masse-Critique se terminera en musique (avec Sole Doré) et en pic-nic (auberge espagnole) à Haren.

LA MAXI-PRISON EN QUELQUES CHIFFRES

  • Une capacité de 1200 détenu.e.s
  • 19 hectares de terres agricoles et de nature bétonnés
  • Un partenariat public-privé de 25 ans qui coûtera plus de 3 milliards d’euros
  • Un lieu situé loin du coeur de Bruxelles, difficilement accessible pour les familles des détenu.e.s

infos :
https://bxl.indymedia.org
http://placeovelo.collectifs.net

No Border Process: judge condemns Brussels’ police

On Wednesday, September 29th, 2010, I was with some 30 demonstrators in the metro station Ribaucourt, most of them dressed as clowns, when police prevented us from entering the subway train, pushed us against the wall, handcuffed us and eventually took to the police barracks of Etterbeek. It was not the first time I was arrested while attempting to demonstrate and it would not be the last. What I did not know then and could not possibly predict was that the police would be condemned by a judge for what they did that day.

We are now four and a half years later and what few had thought possible happened: Judge C. Lepaffe awarded me and four others who were arrested that day compensation for damages, payable by the Brussels’ police. The amounts are symbolic, what price can you put on the unlawful deprivation of your freedom? The fact that the preventive arrests of demonstrators, not removing handcuffs when they were no longer needed and taking photographs without permission or reason were sentenced by a judge, is priceless.

The judge elaborates his judgement: there was no evidence of disturbance of public order or attempt to do so by the people arrested in the subway station Ribaucourt, nor did they carry any “suspicious objects”. The statements of applicants are detailed and unified enough to conclude that the conditions of transportation and detention were far from optimal and there were slippages by the police.

For the court it is clear that we were targeted because we participated in the No Border Camp. The concern of the police towards the No Border Camp (according to the threat analysis of OCAD, the Belgian anti-terror body, anarchists from Belgium and abroad would use the No Border Camp to take violent action)1 was no sufficient reason to proceed to preventive arrests, solely on the basis of the alleged participation in the camp according to the judge.

The argument by the lawyer for the police that some had their faces painted (which is police regulations according to him) the court saw as a justification of the arrest after the fact (a posteriori). The officers did not ask the clowns to remove their makeup and they weren’t masked or unidentifiable. Moreover, it is not uncommon for protesters to use original ways to attract the attention of the public or the media or to give a playful character to the rally, according to the court. “People should, in principle, unless there is a profile of certain danger, be arrested for what they do, not for what they are.” 2

There was no objective evidence to justify an arrest. The statement by police commissioner Vandersmissen that he had given the order to do systematic monitoring of risk groups but respect their right to expression and only to proceed to arrests if there was evidence which indicated a disturbance of public order, was rejected by the court as there were no such evidence in this case.

“It is understandable that the police feared to be ridiculed by protesters dressed up as clowns. This fear, however, was no reason for arrests in connection with an event, unless it was the intention [of the police] to strictly regulate the content and the terms [of the demonstration].” 3

“The administrative detention exercised in the subway station of Ribaucourt, even taking into account the special needs of an event of great magnitude, are contrary to both Article 31 of the Law on Police Services and the European Convention on Human Rights Article 5 regarding the restriction of the freedom and security, and by implication, the right to demonstrate.” 4 There was no disturbance of public order, neither current, nor potential and there was no actual or potential violation of the law.

The words used by the judge are clear: the police were at fault, it does not have the right to arrest demonstrators under the pretext that they are planning to disrupt public order. Not even clowns “[who have] the habit of mocking and disrupting the work of the police” according to police commissioner Vandersmissen and who generate a “negative solidarity” towards the police.5

Although the sums (between 50 and 150 Euro for each of the five plaintiffs) are small, the moral debt of the police as the judge explains it is very large. Hopefully it gets them thinking and they realize that by arresting and maltreating protesters they too may get their day in court.

  1. “Optreden tegen No Border-activisten noodzakelijk en efficiënt” (DWM 5/10/2010)
  2. “On doit en principe, sauf profil affirmé d’une dangerosité certaine, arrêter les gens pour ce qu’ils font, non pour ce qu’ils sont.” (JUG-JG N° 246)
  3. “On peut comprendre que les policiers aient craint d’être tournés en dérision par des manifestants grimés en clown. Cette crainte ne constitue pas autant un motif valable d’arrestation dans le cadre d’une manifestation, sauf à vouloir en encadrer strictement le contenu et les modalités.” (idem)
  4. “L’arrestation administrative pratiquée au métro Ribaucourt entre dès lors, même en tenant compte des nécessités très spéciales d’une manifestation de très grande ampleur, en contradiction, tant avec l’article 31 de la loi sur la function de police qu’avec le CEDH en son article 5, en ce qui concerne l’entrave à la liberté et à la sûreté et par répercussion, au droit de manifester.” (idem)
  5. “De plus, les clowns, s’ils sont d’un abord sympathique, ont pour habitude de singer et de perturber le travail des forces de police. En outre, lorsque ces dernières interviennent, les clowns suscitent alors une solidarité que je qualifie de négative faisant que les autres passants ou manifestant réagissent contre les forces de l’ordre même si celles-ci interviennent opportunément et correctement.” (p. 3 du PV d’audition du Commissaire Divisonnaire Vandersmissen du 10 février 2011)

 

Le projet de maxi-prison emprisonne le Keelbeek

Le projet de maxi-prison emprisonne le Keelbeek
Jeudi 19 février, la Régie des bâtiments a commencé à aménager le terrain du Keelbeek destiné à accueillir le projet de maxi-prison. Une partie du terrain a été grillagé détruisant la moitié de la ZAD du Keelbeek. Les habitants et les occupants médusés sont stupéfaits des dégâts occasionnés : chemin défoncé par les engins et transformé en ornières, arbres arrachés, nature saccagée et déjà un sentiment d’enfermement. Ils s’étonnent de cette démarche intempestive alors que la délivrance des permis d’urbanisme et d’environnement n’a pas encore eu lieu. Ils se mobilisent chaque jour pour valoriser cet espace encore libre, le préserver et sauvegarder ce qui peut l’être encore. Et lancent un appel à venir les visiter pour continuer ensemble à résister contre la maxi-prison !
Infos : http://haren.luttespaysannes.be.
Contactez Isabelle Hochart et Claire Scohier.

Débat sur la prison de Haren, le 26 février 2015

Une méga-prison à Haren en 2018 : les carottes sont-elles cuites ?
L’Association syndicale des magistrats (ASM) et IEB organisent un débat sur les enjeux du projet de nouvelle prison à Haren. Alors que ce projet avance à grands pas, que de nombreux collectifs et associations continuent à faire part de leurs inquiétudes face à un projet destiné à gérer l’enfermement pénal de plus de 1 200 détenus (la plus grande prison de Belgique) tout en sacrifiant 18 hectares de terres et en soulevant de nombreuses questions en termes de respect des droits de la défense, l’ASM et IEB posent trois questions pour ce débat : ce projet répond à quelle politique pénitentiaire ? est entouré de quel débat démocratique ? soulève quels problèmes en termes d’aménagement du territoire ? Le jeudi 26 février entre 12h30 et 14h30, au Palais de Justice, place Poelaert, 1, à 1000 Bruxelles. Voir le contenu du programme, les intervenants et les informations pratiques ci-dessous.
Contactez Claire Scohier.
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This weekend: Inauguration of the ZAD…

This weekend: Inauguration of the ZAD Keelbeek in Haren (Brussels)http://dia.so/12y

After the potatoes, then the cabin and its neighbors, a party and meetings, yards, a yurt, tents and a visit to a future expulsion … Still no prison! We won’t let go! Come join us from 13 to 14 December! For one night, a few hours, for a time, for long!

Where is it?How do I get there?Learn More

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